Pavillon suisse

1930, Paris – FRANCE

L’immeuble a été conçu par Le Corbusier et Pierre Jeanneret. Le Pavillon suisse se présente sous la forme d’un bâtiment d’habitation collectif pour étudiants, inscrit dans un parallèlépipède rigide (édifice à ossature métallique) monté sur d’imposants pilotis en béton brut de décoffrage. Les trois étages courants abritent chacun une salle de bains, un réduit et quinze chambres, « simples cellules-tiroirs », distribuées par un couloir.

En terrasse, les cinq chambres supplémentaires occupent la place réservée à l’origine pour un vaste solarium et une salle de musique. Les chambres, rectangles de 6 mètres de profondeur sur 2,80 mètres de façade (la largeur d’une travée de l’ossature), offrent à chaque étudiant un lavabo, une douche et deux placards. Des matériaux « tampons », tels que le caoutchouc, le molleton, le bitume et le sable séparent les cloisons montées à sec de l’ossature métallique, et assurent ainsi une bonne isolation phonique. Chaque chambre est indépendante de la structure, à l’image d’une bouteille dans un casier, analogie développée maintes fois par la suite jusque dans l’Unité d’habitation de Marseille en 1945-1952.

Contrastant avec la masse rigide du dortoir, l’espace d’accueil est une construction d’un seul niveau, de forme libre, accolé au bâtiment de quatre étages. Derrière la courbe concave d’un mur de meulière, Le Corbusier et Pierre Jeanneret abritent le hall d’entrée, l’appartement du concierge, le bureau du directeur, et la salle commune ornée, en 1948, d’une peinture murale. Un mur de dalles de verre Névada éclaire la tour d’escalier auto- nome et de forme concave.

Qu’elles soient en verre au sud, en briques revêtues d’un placage de pierre à l’est et à l’ouest, ou percées réguliè- rement de petites fenêtres carrées au nord, ces façades non porteuses sont « libres ». Liberté qui ne sert pas à un jeu formel sophistiqué, mais que les architectes mettent au service de la recherche d’éléments standards et d’une lecture fonctionnaliste du bâtiment. La clarté du langage architectural et l’application jusqu’à l’évidence des Cinq points pour une architecture nouvelle rapprochent le Pavillon suisse de la Villa Savoye contemporaine. Leurs techniques de chantier cependant les opposent. L’une est industrielle, l’autre artisanale. Toutes les pièces de l’ossature de la résidence helvétique sont usinées et transportées sur place pour y être directement montées. Technique en devenir, mais aussi programme d’avenir, cette unité d’habitation pour étudiants contient en germe les principes de l’Unité d’habitation de gran- deur conforme d’après-guerre.

Texte : Gilles Ragot
Crédit photographies :   Olivier Martin-Gambier,
Dumas-Satigny, Jean Gourbeix, Paul Koslowski
© FLC/ADAGP, 2014

 

Swiss Pavilion

1930, Paris – FRANCE

The building was designed by Le Corbusier and Pierre Jeanneret. The Swiss Pavilion is a student residential building, inscribed in a rigid parallelepiped (metal frame building) mounted on imposing stilts in raw concrete decoffrage. The three each current floors house a bathroom, a small room and fifteen rooms, "simple cells-drawers", distributed by a corridor.

On the terrace, the five additional rooms occupy the place originally reserved for a large solarium and a music room. The rooms, rectangles of 6 meters deep and 2.80 meters in front (the width of a span of the frame), offer each student a sink, a shower and two closets. "Buffer" materials, such as rubber, fleece, bitumen and sand separate the drywall partitions from the metal framework, and thus provide good soundproofing. Each room is independent of the structure, like a bottle in a locker, an analogy developed many times thereafter to the Housing Unit of Marseille in 1945-1952.

In contrast to the rigid mass of the dormitory, the reception area is a single-storey, free-form building attached to the four-storey building. Behind the concave curve of a millstone wall, Le Corbusier and Pierre Jeanneret cover the entrance hall, the concierge's apartment, the director's office, and the common room (decorated in 1948) with a mural. A wall of Nevada glass tiles illuminates the self-contained and concave staircase tower.

Whether they are glass in the south, brick veneered with stone veneer to the east and west, or regularly pierced with small square windows to the north, these non-load-bearing facades are "free". Freedom that does not serve a sophisticated formal game, but that architects put at the service of the search for standard elements and a functional reading of the building. The clarity of the architectural language and the obvious application of the Five Points for a New Architecture bring the Swiss Pavilion closer to the contemporary Villa Savoye. Their construction techniques, however, oppose them. One is industrial, the other is craft. All the parts of the framework of the Swiss residence are machined and transported on site to be directly mounted. This student housing unit, which is in the process of being developed as well as a program for the future, contains the seeds of the principles of the postwar housing unit.



Text: Gilles Ragot
Photo credits: Olivier Martin-Gambier,
Dumas-Satigny, Jean Gourbeix, Paul Koslowski
© FLC/ADAGP, 2014

Pavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité UniversitairePavillon Suisse - Cité Universitaire

 

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