Site Le Corbusier à Firminy-Vert

1953-1965 – France

(seule la Maison de la Culture est intégrée à la candidature UNESCO)

La Ville de Firminy se situe en France, en région Rhône-Alpes, dans le départe­ment de la Loire, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Saint-Etienne. Avec 17 232 habitants au 1er janvier 2014, elle joue un rôle de ville-centre par rap­port à l’ensemble de la vallée de l’Ondaine et aux communes proches du dé­partement de la Haute-Loire. La Ville de Firminy fait partie de Saint-Etienne Métropole (SEM), créée le 21 décembre 1995 avec 22 communes. Constituée officiellement depuis le 1er janvier 2001, elle comprend actuellement 45 communes de la région stéphanoise avec près de 400 000 habitants. Saint-Etienne Métropole et son Office de tourisme commu­nautaire, Saint-Etienne Tourisme, sont des partenaires privilégiés dans la gestion du site Le Corbusier à Firminy.

Formant un ensemble cohérent appelé « le Centre de recréation du Corps et de l’Esprit », le site est situé dans le cartier de Firminy-vert qui compte une autre réalisation de l’architecte : L’Unité d’Habitation.
L’ensemble architectural et urbain du « Centre de recréation du Corps et de l’Esprit », expression d’inspiration corbuséenne employée par Claudius-Petit dans une note en décembre 1962, se trouve symboliquement à l’articulation entre la ville ancienne de Firminy et le quartier de Firminy-Vert avec lequel il a été conçu. Il épouse la forme d’un ovale écrasé, dans le site d’une ancienne carrière, étagé sur une déclivité de 55 mètres depuis le cimetière jusqu’au point bas de Firminy-Vert. Une voie périphérique en anneau que dessina Le Corbusier en matérialise les contours. Au sein de cette zone verte, Le Corbusier a disposé de haut en bas : un terrain d’entraînement, la Maison de la Culture et de la Jeunesse, le théâtre de plein air, le Stade municipal, l’église Saint-Pierre ainsi que la piscine.

 

Maison de la Culture de Firminy (1955-1969)

La Maison de la Culture est la première et la pièce maî­tresse de l’ensemble des équipements du Centre de re­création du Corps et de l’Esprit imaginé par Le Corbus­ier, avec le stade, le théâtre de plein air et l’église. Elle a été entièrement conçue par Le Corbusier qui inaugure l’ensemble du gros œuvre achevé en mai 1965, quelques mois avant son décès. Les travaux du second œuvre sont achevés par son ancien chef d’agence, André Wogenscky, dans le plus grand respect du projet corbuséen. Le mo­bilier est confié au designer et architecte Pierre Guariche (1926-1995).

La Maison de la Culture s’appréhende pleinement dans son rapport au site, surplombant le stade situé dans l’ancienne carrière, s’appuyant sur la roche à nue par un escalier extérieur. Sa façade inclinée répond à la cou­verture des gradins du stade situé juste en face. L’image de l’Acropole d’Athènes, si prégnante chez Le Corbusier, s’impose ici comme une référence évidente pour la mise en situation de ce temple de la jeunesse et de la culture. L’ensemble tout en longueur est rythmé par une compo­sition des montants colorés des ouvertures, les « pans on­dulatoires », dûs aux dessins de Yannis Xénakis. L’édifice présente à l’extérieur un profil insolite : la couverture re­pose sur un système de câbles lui donnant l’aspect d’une voûte renversée. A l’intérieur, l’inclinaison de la façade ouest est judicieusement réutilisée en gradins.

Classée au titre des monuments historiques depuis 1984, elle est tou­jours en activité dans le respect de son programme initial : salle de spectacles avec ses annexes, foyer-bar, galeries d’exposition, auditorium, bureaux. Un théâtre de plein air, situé au pied de la falaise, est accessible par une passer­elle et un escalier monumental extérieurs.

En 2008, la Maison de la Culture présentait un état sanitaire de plus en plus médiocre avec des pénétra­tions d’eaux pluviales importantes malgré les travaux d’entretien réalisés par la Ville. Patrimoine vivant, son usage permanent sécurisé ne pouvait plus être garanti et nécessitait des travaux de restauration d’envergure.

Grâce à la mobilisation de tous les acteurs et notamment de la Ville de Firminy, le principe de participation au fi­nancement de la restauration de la Maison de la Culture a été confirmé par l’Etat dès janvier 2009.

Par ailleurs, M. Le Maire a obtenu l’accord de toutes les collectivités partenaires, Conseil général de la Loire, Ré­gion Rhône-Alpes et Saint-Etienne Métropole qui ont ré­affirmé leur intérêt pour cette démarche de valorisation du patrimoine et se sont engagés à assurer leur soutien financier.

En partenariat avec la Fondation Le Corbusier et sous le contrôle scientifique et technique de la Direction Région­ale des Affaires Culturelles Rhône-Alpes, la Ville de Firmi­ny, Maître d’ouvrage, accompagnée de l’Architecte en Chef des Monuments Historiques Jean-François Grange-Chavanis, a procédé entre 2009 et 2014 à la restauration de la Maison de la Culture. Elle a voulu réussir un double pari :

• Respecter cette oeuvre à la fois dans son audace technologique et son objet social
• Assurer à cet équipement sa nécessaire adapt­abilité à l’évolution de la réglementation et lui garantir sa pérennité, pour que la Maison de la Culture reste un lieu de création et de diffusion culturelle à l’échelle régionale, répondant ainsi aux attentes de la population.

Le stade (1955-1968)

Le stade d’athlétisme et le terrain de football sont installés au fond de l’ancienne carrière de pierres. Les tribunes du stade suivent la déclivité du flanc Ouest de la falaise. Le Corbusier a tiré parti de la forme de cuvette allongée, taillée dans le roc à une profondeur de 15 mètres. Les spectateurs accèdent au stade au niveau des gradins hauts. Les gradins, en béton épousent la forme de la cuvette qui contient l’étendue du terrain de football de dimension internationale, la piste d’athlétisme de 400 mètres et une piste droite. Le chantier est repris par André Wogenscky à la suite du décès de Le Corbusier en 1965, le stade de 4180 places dont 500 abritées sous un auvent de béton, est conforme aux intentions pre­mières de Le Corbusier.

La piscine (1966-1969)

La piscine est présente à son emplacement actuel dès le premier plan masse officiel du Centre de Recréation du Corps et de l’Esprit. Mais, prévue dans une tranche ultérieure de travaux, elle fut totalement conçue et réalisée après le décès de Le Corbusier par son collaborateur l’architecte Wogenscky. La construc­tion reprend les grands principes de l’esquisse originelle. Elle constitue une des limites de l’ensemble du site. C’est un bâtiment en double hauteur qui oppose un volume largement vitré à une assise pleine en rez-de-chaussée. Les formes générales, mais également le calepinage des parois en béton brut sur des di­mensions issues du Modulor, ainsi que les pans ondulatoires inventés pour le Couvent de la Tourette à Eveux, font clairement référence à l’architecture de Le Corbusier.

L’église Saint-Pierre de Firminy-Vert (1960-1965 – 1968-2006)

Elle a été conçue par Le Corbusier de 1960 à 1965, puis réalisée après son décès par son principal collaborateur José Oubrerie qui mettra au point le projet d’exécution et conduira la construction de l’église de 1968 à 2006. De 1970 à 1978, les travaux restent arrêtés pendant une longue période. Ils ne reprennent qu’en 2003 lorsque l’Association Le Corbusier pour l’église de Firminy-Vert qui a jusque-là assuré la maîtrise d’ouvrage, fait donation de celle-ci et de l’édifice à la communauté d’agglomération Saint-Etienne Métropole (SEM), sous condition d’un achèvement fidèle. L’église est achevée en novembre 2006 par José Oubrerie, maître d’oeuvre, en collaboration avec les architectes Aline Duverger et Yves Perret qui achève­ront la direction des travaux de l’édifice de 1990 à 2006.

Unité d’Habitation de Firminy (1967)

Le plan d’urbanisme prévoyait trois Unités d’Habitation à Firminy, mais seulement une seule a été construite, la dernière parmi les cinq Unités d’Habitation construites dans le monde (Marseille, Rezé, Briey, Berlin). Commen­cé en 1965, le bâtiment est achevé par André Wogenscky, collaborateur de Le Corbusier.

Le bâtiment s’étend sur 130 mètres de longueur, 21 mètres de largeur et 55 mètres de hauteur, il correspond au concept des « cités jardin verticales ». Originellement, il comptait 414 logements transversaux et duplexes de 33 typologies (à l’origine). On y trouve un appartement témoin classé Monument Historique, offrant une expéri­ence de l’espace telle que prévue par l’architecte.

L’Unité d’Habitation est orientée selon la courbe du so­leil, orientation Est /Ouest pour un ensoleillement maxi­mum et contient tous les concepts corbuséens tels que :

  • les pilotis, qui permettent de libérer l’espace au sol et d’avoir une connexion visuelle avec le paysage ;
  • les sept rues intérieures desservent dix-sept niveaux ;
  • les façades libres ;
  • l’école maternelle avec huit classes prévues à l’origine et sa terrasse sur le toit qui propose un théâtre de plein air.

 

Texte : Michelle Michaud-Maurice (Plan de Gestion) et Gilles Ragot
Crédit photographies : Olivier Martin-Gambier
© FLC/ADAGP, 2014

photophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophotophoto

 

INFOS PRATIQUES

Route de Saint-Just Malmont
42700 Firminy
Contact : tél. + 33 04 77 61 08 72
ou information@sitelecorbusier.com
Site : http://www.sitelecorbusier.com
Visitable

  

Carte Firminy